Dôme de Neige des Ecrins

Le 14 et 15 juillet 2012
DÔME DE NEIGE DES ECRINS 4015m avec Jo et Jean-Mi, les « nordistes ».

Le texte est de Patrick (le guide)…et les fautes aussi 😉

En cette mi-juillet dans les Ecrins, la météo est capricieuse, mais mes compagnons pour cette ascension ne craignent pas quelques gouttes… Jo et Jean-Mi ne sont pas des débutants, l’année dernière ils ont déjà gravis le Mont Blanc par la voie normale, et on décidés de gravir chaque année un nouveau « 4000 ».
Le dôme de neige des Ecrins est donc tout naturellement leur second objectif. Nous partons donc en milieu de matinée vers le Glacier Blanc pour passer la nuit au refuge des Ecrins à 3175m.
Nous passons au refuge du Glacier Blanc(2542m) pour une pose casse-croute. Jo annonce la couleur, il à « les cros » et décide d’emmagasiner des forces en engloutissant un plat de spaghettis carbonara suivie d’une copieuse omelette pour deux personnes… Demain, y’en aura besoin comme il dit! La remontée du Glacier Blanc s’effectue sans encombre et permet à Jean-Mi et Jo se se réhabituer à marcher encordée et crampons aux pieds. Bref, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Le refuge n’est pas bondé pour un 14 juillet, le diner excellent et la nuit sera brève.


Lever 3h, petit déj’ vite engloutis et nous voilà partis.
Jean-Mi n’a pas fermé l’œil de la nuit et a pu profiter des ronflements de ses camarades de dortoir qui eux non plu n’ont pas dormis?? Enfin comme toujours, ce sont les mystères des nuits en refuge, personne ne dort mais tout le monde ronfle… La descente sur le glacier à la lueur des lampes frontales finis de nous réveiller complètement. Crampons, encordement et c’est parti pour 1h de rando glacière nocturne. C’est l’échauffement. Nous voilà au pied de la face, le jour se lève, 700m de dénivelé d’une traite nous attendent. On boit un coup et c’est parti. Pour éviter l’axe éventuel de chute d’un sérac qui peut toujours arriver, la trace est raide, directe. C’est le prix d’une relative sécurité, ne pas trainer tout en gérant l’effort. Ca c’est mon job, trouver le bon rythme, celui qui nous emmènera en haut. Le premier mur passé, on s’accorde quelques minutes pour souffler et grignoter un bout. Puis on repart, quelques ponts de neiges sont franchis, on contourne d’autres crevasses et alors que nous prenons de l’altitude, le plafond nuageux s’abaisse et le vent se lève. Bref il va falloir se battre pour faire le sommet.

Nous attaquons la dernière section raide, une pente de neige de 300m qui vient buter sous la rimaye de la Barre des Ecrins avant de partir à l’horizontale vers le Dôme de Neige. Jean-Mi ressent les effets de l’altitude, prendre 4000m en 48h depuis les rivages de la mer du nord ça secoue un peu l’organisme tout de même…
Jo l’encourage alors que le vent forcis et nous cingle le visage. On n’y voit plus que du blanc mais nous montons toujours. Par moment, on croise des cordées qui
redescendent du sommet, elles ont le visage marqué et couvert de givre. Elles nous encouragent. Le sommet est tout proche mais reste invisible. Et puis ça y est, nous y sommes, le dôme. Il n’y a aucune visibilité, il caille dans 70 km/h de vent mais nous sommes heureux d’être là. Pas longtemps toutefois. Accolade, photos et il est temps de redescendre avant que l’on ne gèle sur place.

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La descente est vite avalée, quelques glissades sur les fesses et 1 heure après nous revoilà au pied de la face. Le sommet nous semble déjà loin, presque irréel tant les conditions étaient extrêmes là haut. La longue marche de retour vers la vallée nous permet de réaliser et de savourer notre sommet. Jo et Jean-Mi ne parlent plus beaucoup, la fatigue certes mais aussi un grand bien intérieur qui se passe de parole. On redescend dans tout les sens du terme. Re-spaghettis carbo et re-omelette au refuge du Glacier Blanc, puis la vallée de la Valouise et quelques bières.

Une superbe ascension, de belles rencontres et des promesses de nouveaux sommets. Merci Jo, merci Jean-Mi et encore bravo pour cette belle course.

A bientôt.